ELECTORAT ET MOTIVATION

27 09 2011

ELECTORAT ET MOTIVATION

A un mois des élections de la chambre constitutionnelle, un flou électoral flotte sur les esprits d’électeurs tenus de se présenter aux urnes un certain 23 octobre 2011. Qui choisir et que choisir ? Devant un fouillis de partis politiques et de listes indépendantes, le citoyen, quelque soit son niveau intellectuel et son appartenance sociale, ne sait à quel saint se vouer. Il a beau écouter les débats interminables des représentants de certains partis, il en sort de plus en plus dérouté devant leurs ressemblance, leur discours un tant soit peu démagogique et une absence de clarté manifeste quant à leurs programme et leur projet de société. Pauvre électeur, abandonné à lui-même, ne sentant parfois aucune motivation qui le pousse à se présenter pour accomplir son devoir de citoyen.
En effet, il s’agit bien de motivation qui selon Jean François Le Ny (Dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation, Nathan, 1994) est « un état ou disposition psychologique qui détermine la mise en route, la vigueur ou l’orientation des conduites ou des activités cognitives, et qui fixe la valeur conférée aux divers éléments de l’environnement. ». D’après cette définition, qui pourrait motiver un- électeur à se précipiter pour élire des listes auxquelles il donne confiance si ce n’est cette disposition psychologique, cette force intrinsèque qui pousse tout individu à diriger sa conduite dans le sens de la satisfaction d’un désir, d’un vouloir. Déjà lors de l’inscription au vote, pas mal de tunisiens n’ont pas manifesté un engouement à participer à ces élections. Cela s’explique par l’absence chez un grand nombre d’entre eux d’une motivation.,
L’électeur motivé choisit relativement à ses attentes, à un projet de société, à un programme qui puisse satisfaire ses besoins. Il cherche derrière le choix une utilité espérée. un but qui oriente son comportement et donne une valeur à la tâche. Or, rien ne semble avoir été fait dans le sens d’une véritable prise en charge de l’électeur non initié à la vie politique.
Depuis la révolution, un fossé a commencé à-se creuser entre d’une part certains initiés de la politique qui sont concernés tout d’abord par une seule motivation : occuper une place dans la scène politique de la Tunisie nouvelle et d’autre part des citoyens qui, durant cinq décennies, n’ont jamais participé effectivement à une vie politique démocratique. Les médias n’ont fait qu’ouvrir davantage cette brèche par des programmes qui ne font pas participer le simple citoyen à ses débats politiques qui, à vrai dire, n’éduquent pas le citoyen .11 s’agit bien d’une éducation, d’une pédagogie, voire un comportement responsable de la part des moyens d’information qui auraient pu chercher des techniques de vulgarisation pour faciliter l’accès à l’information. Quelques tentatives louables sont à J’actif de la chaîne nationale mais beaucoup reste à faire pour satisfaire les attentes des électeurs qui sont quotidiennement matraqués par des discours qui aggravent la situation et développent une psychose loin d’être justifiée car l’élection de la constituante n’est qu’une première étape dans un processus démocratique long. Ces moyens auraient dû banaliser les enjeux politiques et placer l’intérêt de la nation au dessus de tout en invitant les citoyens à la participation à la vie civile, au volontariat, à l’entraide et surtout à la participation à des associations caritatives, culturelles et sociales.
Il est triste de constater qu’à un mois des élections le citoyen ignore presque tout des partis en présence. On se demande sur quelle base les électeurs vont distinguer entre des partis qui ont des ressemblances notoires. Leur nombre ne fait qu’aggraver les choses. Quel mal y aurait –il si dans cette étape de voir les parties former des coalitions pour faciliter à l’électorat la connaissance les grandes orientations de quatre ou cinq grands rassemblements de partis qui ont entre eux des affinités et laisser à plus tard les distinctions (si cela se trouve) de chacun d’eux ? A-t-on pensé réellement à ces électeurs qui peuvent choisir, en l’absence d’une motivation politique, le candidat de leurs quartiers, la liste de leurs villages, les copains du café ou subir des pressions des uns et des autres, tomber sous le joug des manipulations de toutes sortes ?
Il est vrai qu’à cette étape on doit pas s’attendre à une conscience politique développée des électeurs, mais toujours est-il qu’il faut respecter les électeurs et leur favoriser les conditions d’assumer leur rôle de citoyen et d’avoir une véritable motivation qui, je l’espère, donnera un sens à leur engagement dans des élections libres et démocratiques.
Pour ce faire il est urgent de faire du mois d’octobre le mois des élections et de la motivation des électeurs et cela :
1- en demandant aux médias de donner à cet événement un caractère solennel et festif
2- en faisant participer le citoyen aux débats politiques.
3- en présentant de la musique engagée de tous bords et non exclusivement du rap.
3- en donnant de nouvelles couleurs aux studios et aux émissions.
4- en rappelant souvent aux citoyens que la constituante n’est pas une fin en soi mais une étape dans le processus démocratique. .
5- en présentant dans des spots publicitaires les devoirs des citoyens dans cette étape cruciale de notre histoire.
6- en Jouant un rôle d’avant –garde en incitant les citoyens à mettre l’intérêt de la nation au dessus de tout calcul politique.
7- en demandant aux représentants des partis politique de tenir un discours simple et clair accessible au simple citoyen dans lequel l’accent sera mis sur le programme et le projet de société.
Il est tout aussi intéressant d’appeler les responsables régionaux de faire du mois d’octobre un mois haut en couleurs et cela :
1- en couvrant la région du drapeau national
2- en facilitant l’organisation de réunions, de galas, de débats dans une atmosphère démocratique
3-en invitant les représentant des listes électorales à se réunir pour se mettre d’accord sur la stratégie à suivre pour la réussite des élections
4- en appelant les citoyens à participer à des actions bénévoles.
5- en établissant un programme d’animation de la ville et de ses environs
De cette manière, on prépare un tant soit peu l’électorat à participer à cet événement historique animé non seulement par la simple motivation d ‘assumer son rôle de citoyen mais aussi par une orientation de la conduite dans le sens d’un choix motivé et non d’un choix désintéressé ou par le refus total de participer aux premières élections démocratique de la Tunisie nouvelle.


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